mercredi 15 janvier 2014

L'anxiété de performance

Nous vivons dans une société qui valorise l'excellence et les performances exceptionnelles. A l'école, l'exigence de résultats se fait sentir de plus en plus tôt : dès les premières années l'enfant se sent testé, évalué, étiqueté.
Or, cette recherche de l'excellence a des conséquences sur nos enfants et nos jeunes. Ecoliers, lycéens et étudiants ressentent une pression très forte, dont sont responsables tout à la fois enseignants et parents, en fait la société dans son ensemble (d'ailleurs les parents ressentent souvent eux-mêmes ce stress au travail).
Dès le plus jeune âge, les enfants sont mis en compétition et incités à réussir mieux que leurs petits camarades. Cette compétition se retrouve également dans les familles, où les comparaisons entre frères et sœurs ne sont pas rares.
Or, c'est l'émulation qui permet le progrès, pas la compétition. L'émulation permet de s'améliorer en comparant la façon de procéder des autres : j'apprends en observant l'autre et en essayant de m'améliorer pour avancer et pour me dépasser moi-même. Alors que dans le cadre de la compétition, je me confronte à l'autre pour essayer de le dépasser et de le mettre hors-jeu.
L'anxiété qui résulte souvent de ce type de fonctionnement entraîne des problèmes de concentration et de mémorisation. On obtient alors l'effet inverse de celui escompté : si je cherche à tout faire de façon parfaite, je vais essayer de tout contrôler, tout prévoir, donc stresser par peur de mal faire les choses.

L'anxiété de performance touche beaucoup d'enfants aujourd'hui : l'enfant ou le jeune qui a peur de rater son examen ou sa prestation orale est victime de petits malaises (maux de tête, maux de ventre, problèmes de sommeil, pensées négatives....).
Le rôle des parents est alors de l'inviter à exprimer ses peurs ou ses inquiétudes, de dédramatiser l'erreur ou l'échec et de l'encourager à apprendre pour le plaisir et non pour la note : dîtes-lui que vous l'aimez pour ce qu'il/elle est et non pour ce qu'il/elle fait : « Je t'aime avec tes défauts et tes qualités ».
Facile à dire, d'accord. Mais avant de leur faire des critiques, pensez aussi et surtout à leur faire des compliments !
Nous sommes pourtant bien conscients qu'il est impossible d'exceller partout et tout le temps... Invitons nos enfants à classer leurs objectifs par ordre d'importance et à se concentrer surtout sur les plus importants. Aidons-les à identifier quels sont leurs points forts et quels sont leurs points faibles, incitons-les à s'ouvrir aux conseils de leur entourage et à les mettre en pratique. Apprenons-leur à savoir tirer les leçons de leurs erreurs et à continuer à avancer de façon confiante : qu'ont-ils appris de telle ou telle expérience ?
Aidons-les notamment à formuler leurs désirs, leurs objectifs, leurs déceptions.... car cette habitude à communiquer leurs émotions et leurs ressentis leur facilitera l'acquisition de compétences d'expression orale et écrite, donc le succès dans le domaine scolaire...
Apprenons-leur à savoir apprécier les petites et les grandes réussites. Et valorisons le sens de l'effort. La réussite s'obtient non par des coups de chance successifs, mais par des efforts menés sur le long terme. Même si les résultats obtenus ne sont pas exactement ceux qui étaient attendus, valorisons le parcours réalisé, et surtout le plaisir ressenti au long de ce parcours ou lors d'une réussite.
En fait, soyons présents, attentifs et compréhensifs, et surtout réintroduisons une certaine souplesse dans nos vies. On ne devrait pas reproduire à la maison les valeurs de rivalité et de compétition qui ont cours à l'extérieur, mais mettre en avant la collaboration, le partage, la complicité, l'entraide et le soutien. Car c'est d'abord dans sa famille que l'on puise la confiance en soi.
En somme, montrons-leur l'exemple en vivant pour le plaisir au quotidien, et non pour la performance.

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